Je discutais avec un ami sur l'entreprenariat Internet dans le monde récemment et il m'a fait la remarque que la France était un pays bien spécifique dans ce domaine. En effet, quand quelqu'un trouve une bonne idée de business online en France, il sera suivi par seulement 2 ou 3 autres qui flaireront le bon filon. Aux Etats-Unis, une bonne idée sera reprise par au moins 10 sociétés.
Je pense que cela est d'une part du au fait que la France ne compte que 70 millions d'habitants alors que les Etats-Unis plus de 270 millions. D'autre part les américains ont de part leur culture une propension bien plus forte à l'entreprenariat.
Notre discussion a viré ensuite sur la faisabilité de la création d'un service web en Chine (un réseau social par exemple). Beaucoup d'occidentaux et de français ont de merveilleuses idées pour réussir à tirer parti du marché chinois. Mais selon moi cela peut très difficilement marcher.
Déjà faisons un constat des entreprises Internet qui ont voulu tirer profit du marché chinois. Google s'y est cassé les dents et a fait grand bruit. Mais il y a aussi Meetic, Viadeo, Myspace et ne parlons même pas de Facebook qui est de toute façon censuré.
Ainsi, selon moi, même si vous avez une idée de business internet géniale pour réussir sur le marché chinois, elle sera voué à l'échec. D'une part la Chine a une culture et des coutumes si différentes du monde occidental qu'il faut être chinois pour comprendre ce marché à fond et fournir le service adéquat. Et ce n'est pas parce que vous êtes d'origine chinoise, ou que votre femme est chinoise ou parce que vous êtes en Chine depuis 5 ans que vous pouvez rivaliser. Mettons le problème à l'envers. Un chinois vivant depuis 5 ans en France et marié avec une femme française peut-il vraiment révolutionner le web français? Dans les deux cas même si la femme peut être un précieux atout, elle n'est pas la tête entrepreneur qui vit pour le projet.
Ainsi si vous avez une bonne idée et que vous commencez à percer, vous avez de grandes chances que des entrepreneurs chinois analysent votre business model et feront quelque chose de mieux que vous tout en évitant vos erreurs (de culture notamment).
Par ailleurs ont parlait plus haut du nombre d'habitants aux USA de 270 millions, expliquant le plus haut pourcentage d'entrepreneurs susceptible de reprendre une idée. En Chine il y a plus de 400 millions...d'internautes. Je vous laisse imaginer la part d'entrepreneurs web potentiels dans ce chiffre.
Enfin, le peuple chinois a une âme d'entrepreneur. Beaucoup sont prêt à prendre des risques pour monter leur entreprise, que ce soit un restaurant, un magasin de DVD ou un business en ligne. Les chinois savent prendre avantage de toute opportunité, il n'y a qu'a voir ce qui s'est passé lorsqu'il y a eu des bouchons pendant 2 semaines lors de violentes chutes de neige. Ils avaient déjà mis des étalages pour vendre nourriture et boissons! Donc une idée de business online qui commence à marcher, ca attire forcément ces esprits entrepreneurs.
Les chinois sont prêt à aller beaucoup plus loin que les occidentaux pour faire en sorte que leurs entreprises marchent. Un occidental sera prêt à beaucoup bosser pour son projet, mais se réservera souvent les WE et les soirs pour décompresser et sortir. De plus, si un entrepreneur occidental rate complètement son projet, ce n'est pas bien grave, cela sera vécu comme une bonne expérience et ni sa famille, ni ses amis ne le jugeront. Il pourra également facilement retomber sur ses pattes en trouvant un job de salarié classique.
Le chinois par contre a moins le droit à l'erreur sinon il perdra "la face" devant sa famille et ses amis. Dans un pays ou les jeunes diplômés trouvent encore plus difficilement un bon travail qu'en France, il ne vaut également mieux pas rater son entreprise pour ne pas se retrouver sur le carreau. Ainsi, contrairement aux occidentaux, la pression est beaucoup plus forte et le chinois n'hésitera pas à travailler comme un fou pendant 2 ans sans prendre de soirée ou de WE pour faire en sorte que sa boite marche.
La différence de niveau de vie et le revenu correspondant est aussi un élément essentiel à prendre en compte si vous voulez créer une société sur le web. Si vous êtes occidental et que vous venez créer votre société en Chine, quel revenu voulez vous tirer en fonction des heures que vous passez? Est-ce que 2500 euros par mois pour travailler 100 heures par semaine (soit 14h/jour WE inclus) vous convient? Et si oui, combien d'années tenez-vous alors qu'au final vous pouvez avoir un bon job en France a 35h/semaine pour plus que 2500 euros. Et arriver à dégager 2500 euros/mois de revenu avec un service internet compte tenu de tous les frais, il faut déjà y arriver. Par contre, pour beaucoup de chinois 25.000 RMB est une somme suffisante en échange de 100h/semaine. Vous aurez donc une concurrence sur les prix puisque le salaire symbolique d'un entrepreneur chinois pour être satisfait est moindre que celui d'un occidental.
Un exemple tout simple. Prenons le cas de deux entreprises concurrentes dans la rencontre en ligne, une tenu par un occidental, une par un chinois. Admettons que l'occidental connaisse aussi bien le marché que le chinois et qu'ils travaillent tous les deux autant d'heures. L'occidental veut un revenu de 5000 euros/mois et pour cela il calcule que les inscriptions sur son site sont à 20 euros/an. Le chinois veut un revenu de 2500 euros/mois et calcule donc que les inscriptions sur son site sont à 15 euros/an. Le chinois a des aspirations financières moindres donc le business model peut reposer sur des tarifs attractifs. L'occidental ne peut donc pas lutter par les prix. De plus la taxation sur les entreprises étrangères est plus importante que celle sur les entreprises chinoises, ce qui réduit encore plus la marge, mais c'est un autre sujet.
Pour résumer, je dirais donc que créer un service web en Chine rentable pour un étranger est presque impossible. Si le concept marche, des centaines d'entrepreneurs chinois qui n'ont rien à perdre et qui n'attendent que cela récupéreront à leurs compte l'idée et l'amélioreront. De plus, pour un problème de culture, un chinois saura toujours mieux qu'un étranger quels sont les services qui peuvent marcher en Chine et comment rapidement évoluer en cas de problème.
Carnet de route d'un entrepreneur en Asie depuis 2006. Boires et déboires de la vie en Chine, Malaisie, Vietnam...
13 février 2011
20 janvier 2011
L'allégorie de la grenouille
Cette année je suis rentré un peu en Europe, la première fois en 2 ans. J'ai encore fait un beau périple entre Nice, Grenoble, Paris, l'Allemagne avec Dusseldorf et Stuttgart, et enfin un tour en Ecosse sur les rives du Loch Ness en road trip avec des potes. J'ai revu la famille, les amis et je me suis bien amusé, mon foie m'en veut encore. Pourtant durant ce passage de deux semaines en France, une chose m'a marqué. Alors que je n'avais pas vu le pays depuis 2 ans, j'ai remarqué que les choses ont empirées, pourtant les gens semblent s'habituer. Par exemple le dernier jour juste avant de prendre mon avion du retour, je lisais un article dans "20 minutes" (le quotidien gratos du métro) intitulé "Se marier pour les impôts, c'est fini". L'article explique que dorénavant on n'a plus droit aux avantages fiscaux la première année lors d'un mariage. L'article sur la page d'en face explique que depuis le 1er janvier, ceux qui emploient une nounou à domicile, une aide au soutien scolaire ou une femme de ménage devront payer 12% de plus.
Vous me direz c'est la crise et ce genre de mesures arrivent tous les jours. C'est bien la ou je veux en venir.
Connaissez vous l'allégorie de la grenouille?
Mettez une grenouille dans une casserole d'eau chaude, automatiquement elle sent le danger et saute par dessus. Maintenant prenez la même grenouille et mettez la dans une casserole d'eau froide, elle ne bouge pas. Monter le thermostat à température douce, la grenouille ne bouge pas. Montez la température à la moitié, ça chauffe de plus en plus, mais la grenouille ne bouge toujours pas. Enfin mettez le thermostat à fond. La grenouille ne s'aperçoit toujours pas du danger et finit morte ébouillantée...
Je vous laisse le soin de faire le parallèle de cette analogie avec l'augmentation des taxes et la réductions des libertés. Il arrivera un moment ou il sera vitale de prendre conscience de ce qui se passe et de sauter par dessus la casserole avant qu'il ne soit trop tard...
Vous me direz c'est la crise et ce genre de mesures arrivent tous les jours. C'est bien la ou je veux en venir.
Connaissez vous l'allégorie de la grenouille?
Mettez une grenouille dans une casserole d'eau chaude, automatiquement elle sent le danger et saute par dessus. Maintenant prenez la même grenouille et mettez la dans une casserole d'eau froide, elle ne bouge pas. Monter le thermostat à température douce, la grenouille ne bouge pas. Montez la température à la moitié, ça chauffe de plus en plus, mais la grenouille ne bouge toujours pas. Enfin mettez le thermostat à fond. La grenouille ne s'aperçoit toujours pas du danger et finit morte ébouillantée...
Je vous laisse le soin de faire le parallèle de cette analogie avec l'augmentation des taxes et la réductions des libertés. Il arrivera un moment ou il sera vitale de prendre conscience de ce qui se passe et de sauter par dessus la casserole avant qu'il ne soit trop tard...
15 décembre 2010
La vie est un hasard
Il y a quelques mois j'ai expliqué par quel hasard je me suis retrouvé en Chine, mon but étant de montrer que notre vie (en tout cas la mienne) ne tient souvent qu'à des détails.
Dans la même série je vais aujourd'hui expliquer comment j'ai commencé à avoir l'esprit entrepreneur ou plutôt une "culture d'entreprise" ce qui est un premier pas vers l'entreprenariat.
J'ai commence mes études en 1998 par des études techniques, un DUT STID (statistiques et Informatique). Ce choix s'est fait parce que j'étais un "Geek" à cette époque, bien avant la démocratisation de ce terme. Au passage aujourd'hui un Geek cela semble être quelqu'un féru de technologie possédant chaque version de l'Ipod et de l'iphone, ce qui englobe des millions de personnes dans le monde. Il y a 12 ans, un Geek c'était plutôt celui qui s'amusait à démonter et remonter des pcs, découvrait le web à l'époque de la préhistoire. Ce groupe ne représentait pas des millions de personnes, ca avait son coté avant gardiste et cela me plaisait.
Quand on fait des études techniques et en particulier dans l'informatique (selon mon expérience), on a une très vague idée de ce qu'est le commerce et la partie commerciale d'une entreprise. On se dit que les commerciaux n'y connaissent pas grand chose et passent leur temps à vendre du vent. On a tendance à penser que les formations commerciales servent à former des vendeurs de porte à porte. On pense également qu'il s'agit d'un milieu truffé de requins avec très peu d'éthique.
Comme beaucoup de gens de mon entourage je pensais la même chose et l'éventualité d'une carrière ou une formation dans ce domaine ne m'intéressait pas du tout. Comme tout bon "Geek", un petit boulot de programmeur devant mon PC toute la journée m'aurait bien suffit. Je n'étais pas intéressé par l'argent, du temps que le travail me plaisait, c'était le principal.
Après mon DUT je voulais absolument persévérer dans le domaine technique, en particulier Internet. J'ai donc postulé à plusieurs licences professionnel dans ce domaine. Lorsque j'ai demandé des dossiers de candidature, je ne sais plus pourquoi, j'ai demandé également un dossier pour faire un DUT ... Technique de commercialisation, le DUT exactement à l'opposé de ce que je voulais.
Ah si je me rappelle la raison. En surfant sur des sites d'orientation étudiant type studyrama, j'étais une fois tombé sur une lettre de motivation type pour un DUT Tech de Co. Comme j'ai l'esprit joueur, je trouvais cela rigolo d'envoyer une candidature à un DUT dont je n'avais strictement rien à faire en recopiant mot pour mot une lettre de motivation type. Je me rappelle que la lettre indiquait "Etant titulaire du BAFA, je suis...", bien évidemment je ne l'ai pas mais pour le fun j'avais tout recopié à l'identique ;-) (j'espère qu'il y a prescription!)
Bref, au final toutes les licences ont refusé ma candidature, sauf une avec qui j'étais en liste d'attente. Par contre...le DUT Tech de Co avait accepté ma candidature directement, efficace cette lettre de motivation!
J'ai tenté de faire le forcing pour être pris à la licence ou j'étais en liste d'attente. J'avais de bonnes chances d'être accepté mais ils ne pouvaient pas me donner de réponse sure avant la rentrée, qui était quelques jours après celle de Tech de Co. Ne voulant pas me retrouver sans rien, j'ai commencé le DUT tech de Co, dont les premiers cours ne m'ont pas emballé plus que cela, ce qui a renforcé mon opinion d'aller en Licence. Et la est arrivé ce fameux mardi après-midi qui a tout changé pour moi.
Un ancien élève vient faire un tour à l'IUT (récupérer son diplôme je suppose) et passe devant nos fenêtres. Le prof qui nous faisait cours l'interpelle et lui demande de venir. Il lui dit "Voila la nouvelle promotion, moi je sors et je te laisse leur dire tout ce que tu veux concernant Tech de Co."
Le prof sort et l'ancien élève nous donne son avis sans chichis sur Tech de Co. En résumé, les profs sont sympa, pas besoin de beaucoup travailler pour avoir son année et surtout des supers soirées et une super ambiance.
Le fait que le prof laisse carte blanche pour qu'un ancien élève donne son avis sans vérifier les propos m'avait impressionné. Cela démontre une certaine confiance dans son DUT, ce qui est rare. De plus l'ancien étudiant était particulièrement éloquent et persuasif devant 40 élèves, je me suis demandé si il avait acquis cette aisance avec cette formation.
Enfin, le point important de son discours non préparé a été de dire "je vous garantis que cette année que vous allez passez, vous ne l'oublierez jamais. Tous mes collègues de l'an dernier pensent la même chose". Cet espèce d'engagement moral m'a fait basculé complètement dans ma décision de rester faire ce DUT. Si je n'étais pas resté, je me serais toujours posé la question de savoir si j'étais passe à coté de quelque chose d'exceptionnel ou non.
Et alors la question que tout le monde se pose : est-ce que Tech de Co était aussi formidale que l'étudiant le disait.
La réponse est ... non. L'année n'a rien eu d'exceptionnel me concernant. J'ai fait 7 ans d'études et cette année est celle ou j'ai le moins de souvenir, donc rien de bien inoubliable. Par contre pour les profs le contrat était respecté, ils étaient très pros et très sympa (sur la centaine de profs que j'ai eu en 7 ans, les deux qualités ensemble étaient pas vraiment une norme).
Pour revenir au sujet de départ, ce que j'ai appris en Tech de Co m'a fait changer complètement mon opinion sur l'entreprise et les fonctions commerciales. Suite à ce DUT j'ai ensuite fait une licence professionnelle E-business qui était exactement le juste milieu entre ma passion Internet et mes nouvelles orientations commerciales. Ce fut une étape nécessaire dans mon parcours qui m'a amené à être entrepreneur en Chine.
Le point intéressant de ce billet est de montrer que ma position personnelle et professionnelle aujourd'hui est en partie due à des hasards. Si un ancien étudiant n'avait pas fait un speech qui m'avait impressionné, j'aurais certainement fait la Licence professionnelle Développeur Internet correspondant à mon premier souhait : coder toutes la journée des applications web.
Et si je n'avais pas trouvé par hasard sur le web une lettre de motivation pour faire Tech de Co, je n'aurais certainement jamais pensé à prendre un dossier de candidature pour le fun pour Tech de Co.
Dans la même série je vais aujourd'hui expliquer comment j'ai commencé à avoir l'esprit entrepreneur ou plutôt une "culture d'entreprise" ce qui est un premier pas vers l'entreprenariat.
J'ai commence mes études en 1998 par des études techniques, un DUT STID (statistiques et Informatique). Ce choix s'est fait parce que j'étais un "Geek" à cette époque, bien avant la démocratisation de ce terme. Au passage aujourd'hui un Geek cela semble être quelqu'un féru de technologie possédant chaque version de l'Ipod et de l'iphone, ce qui englobe des millions de personnes dans le monde. Il y a 12 ans, un Geek c'était plutôt celui qui s'amusait à démonter et remonter des pcs, découvrait le web à l'époque de la préhistoire. Ce groupe ne représentait pas des millions de personnes, ca avait son coté avant gardiste et cela me plaisait.
Quand on fait des études techniques et en particulier dans l'informatique (selon mon expérience), on a une très vague idée de ce qu'est le commerce et la partie commerciale d'une entreprise. On se dit que les commerciaux n'y connaissent pas grand chose et passent leur temps à vendre du vent. On a tendance à penser que les formations commerciales servent à former des vendeurs de porte à porte. On pense également qu'il s'agit d'un milieu truffé de requins avec très peu d'éthique.
Comme beaucoup de gens de mon entourage je pensais la même chose et l'éventualité d'une carrière ou une formation dans ce domaine ne m'intéressait pas du tout. Comme tout bon "Geek", un petit boulot de programmeur devant mon PC toute la journée m'aurait bien suffit. Je n'étais pas intéressé par l'argent, du temps que le travail me plaisait, c'était le principal.
Après mon DUT je voulais absolument persévérer dans le domaine technique, en particulier Internet. J'ai donc postulé à plusieurs licences professionnel dans ce domaine. Lorsque j'ai demandé des dossiers de candidature, je ne sais plus pourquoi, j'ai demandé également un dossier pour faire un DUT ... Technique de commercialisation, le DUT exactement à l'opposé de ce que je voulais.
Ah si je me rappelle la raison. En surfant sur des sites d'orientation étudiant type studyrama, j'étais une fois tombé sur une lettre de motivation type pour un DUT Tech de Co. Comme j'ai l'esprit joueur, je trouvais cela rigolo d'envoyer une candidature à un DUT dont je n'avais strictement rien à faire en recopiant mot pour mot une lettre de motivation type. Je me rappelle que la lettre indiquait "Etant titulaire du BAFA, je suis...", bien évidemment je ne l'ai pas mais pour le fun j'avais tout recopié à l'identique ;-) (j'espère qu'il y a prescription!)
Bref, au final toutes les licences ont refusé ma candidature, sauf une avec qui j'étais en liste d'attente. Par contre...le DUT Tech de Co avait accepté ma candidature directement, efficace cette lettre de motivation!
J'ai tenté de faire le forcing pour être pris à la licence ou j'étais en liste d'attente. J'avais de bonnes chances d'être accepté mais ils ne pouvaient pas me donner de réponse sure avant la rentrée, qui était quelques jours après celle de Tech de Co. Ne voulant pas me retrouver sans rien, j'ai commencé le DUT tech de Co, dont les premiers cours ne m'ont pas emballé plus que cela, ce qui a renforcé mon opinion d'aller en Licence. Et la est arrivé ce fameux mardi après-midi qui a tout changé pour moi.
Un ancien élève vient faire un tour à l'IUT (récupérer son diplôme je suppose) et passe devant nos fenêtres. Le prof qui nous faisait cours l'interpelle et lui demande de venir. Il lui dit "Voila la nouvelle promotion, moi je sors et je te laisse leur dire tout ce que tu veux concernant Tech de Co."
Le prof sort et l'ancien élève nous donne son avis sans chichis sur Tech de Co. En résumé, les profs sont sympa, pas besoin de beaucoup travailler pour avoir son année et surtout des supers soirées et une super ambiance.
Le fait que le prof laisse carte blanche pour qu'un ancien élève donne son avis sans vérifier les propos m'avait impressionné. Cela démontre une certaine confiance dans son DUT, ce qui est rare. De plus l'ancien étudiant était particulièrement éloquent et persuasif devant 40 élèves, je me suis demandé si il avait acquis cette aisance avec cette formation.
Enfin, le point important de son discours non préparé a été de dire "je vous garantis que cette année que vous allez passez, vous ne l'oublierez jamais. Tous mes collègues de l'an dernier pensent la même chose". Cet espèce d'engagement moral m'a fait basculé complètement dans ma décision de rester faire ce DUT. Si je n'étais pas resté, je me serais toujours posé la question de savoir si j'étais passe à coté de quelque chose d'exceptionnel ou non.
Et alors la question que tout le monde se pose : est-ce que Tech de Co était aussi formidale que l'étudiant le disait.
La réponse est ... non. L'année n'a rien eu d'exceptionnel me concernant. J'ai fait 7 ans d'études et cette année est celle ou j'ai le moins de souvenir, donc rien de bien inoubliable. Par contre pour les profs le contrat était respecté, ils étaient très pros et très sympa (sur la centaine de profs que j'ai eu en 7 ans, les deux qualités ensemble étaient pas vraiment une norme).
Pour revenir au sujet de départ, ce que j'ai appris en Tech de Co m'a fait changer complètement mon opinion sur l'entreprise et les fonctions commerciales. Suite à ce DUT j'ai ensuite fait une licence professionnelle E-business qui était exactement le juste milieu entre ma passion Internet et mes nouvelles orientations commerciales. Ce fut une étape nécessaire dans mon parcours qui m'a amené à être entrepreneur en Chine.
Le point intéressant de ce billet est de montrer que ma position personnelle et professionnelle aujourd'hui est en partie due à des hasards. Si un ancien étudiant n'avait pas fait un speech qui m'avait impressionné, j'aurais certainement fait la Licence professionnelle Développeur Internet correspondant à mon premier souhait : coder toutes la journée des applications web.
Et si je n'avais pas trouvé par hasard sur le web une lettre de motivation pour faire Tech de Co, je n'aurais certainement jamais pensé à prendre un dossier de candidature pour le fun pour Tech de Co.
29 novembre 2010
Google 117, en Chine Google.com ne repond plus
Un pote m'a fait remarquer que depuis quelques heures quand on va sur Google.com de Chine, on obtient cela :
Sachant que ce n'est pas le gouvernement chinois qui peut changer la page d'accueil de Google, il s'agit donc visiblement de Google lui-même qui détecte les IPs chinoises et les renvoient sur cette simple page (faite a la va vite d'ailleurs).
Ce qui est rigolo c'est qu'on doit cliquer en bas sur le lien "Go to google China" qui nous emmène sur une page...du même type avec un lien en bas "Go to Google Hong Kong". Un tel choix de design et d'ergonomie de cette page semble indiquer trois possibilités :
1. Google manque cruellement de designers et d'ergonomes, envoyez vite vos CV.
2. Google en a strictement plus rien a faire de la Chine et des chinois, et donc par conséquent ne daigne même pas faire un effort de présentation de sa page.
3. Une attaque de pirates sur Google...
Je n'ai encore trouve d'info nul part a ce sujet, suis-je le premier a la mettre en ligne?
Edit : ah il semble que finalement cela soit une attaque cf le blog d'Olivier
Sachant que ce n'est pas le gouvernement chinois qui peut changer la page d'accueil de Google, il s'agit donc visiblement de Google lui-même qui détecte les IPs chinoises et les renvoient sur cette simple page (faite a la va vite d'ailleurs).Ce qui est rigolo c'est qu'on doit cliquer en bas sur le lien "Go to google China" qui nous emmène sur une page...du même type avec un lien en bas "Go to Google Hong Kong". Un tel choix de design et d'ergonomie de cette page semble indiquer trois possibilités :
1. Google manque cruellement de designers et d'ergonomes, envoyez vite vos CV.
2. Google en a strictement plus rien a faire de la Chine et des chinois, et donc par conséquent ne daigne même pas faire un effort de présentation de sa page.
3. Une attaque de pirates sur Google...
Je n'ai encore trouve d'info nul part a ce sujet, suis-je le premier a la mettre en ligne?
Edit : ah il semble que finalement cela soit une attaque cf le blog d'Olivier
31 octobre 2010
Des référenceurs escrocs maintenant en Chine
La semaine derniere j'ai participé a une conférence a Beijing sur l'entreprenariat en Chine. Cette conférence de deux jours nous en apprenait plus sur le business made in China et donnait l'occasion de faire un peu de networking avec différents CEO.
Deux choses concernant le SEO (le référencement de site) m'a marqué durant cet événement. Premierement, les gens savent maintenant ce que c'est. Auparavant lorsque je me présentais comme consultant référencement, personne ne comprenait en quoi cela consistait et je devais expliquer. Mais a cette conférence, tout le monde connaissait déja ("ah vous faites du SEO, ca m'intéresse parce que...").
La 2eme chose que j'ai vu, et qui va malheueusement de paire, c'est un stand d'un sponsor qui faisait du SEO en mode escroquerie.
Le gars nous dit "vous voulez voir quelque chose que vous avez jamais vu?". Il attise notre curiosité, alors on attends de voir ce qu'il a montrer.
"Connaissez vous Google?". La je comprends qu'il va parler de référencement, je l'attends au tournant.
"Je peux vous placer votre société non seulement sur la premiere page de résultat mais en plus mettre 5 résultats sur 10 concernant votre société et enlever les concurrents de la premiere page."
En exemple, il nous montre la requete de son client qui était quelque chose en anglais du genre "Nebraska NL nail salon" sur Google.com.
Une google map apparait avec l'url de son client en premier + des sites concernant son client dans 5 résultats sur 10.
"Ouah, impressionnant" je lui réponds. "Et comment vous faites cette prouesse?"
Réponse du gars "C'est une technique ultra secrete qu'on a mis des années a développer, sachez seulement qu'on utilise les ressources de plusieurs technologies qui sont dans plusieurs endroits du monde."
Le gars était tellement dans son délire et sur que j'étais en train de tout gober qu'il a meme pas remarqué mon badge en face de son nez avec marqué dessus "SEO Consultant".
Maintenant que le SEO commence a etre connu en Chine, les escrocs du web rodent, faites attention...
Pour info sa fameuse technique ultra secrete tiens en deux mots.
1. Google Local Business Center qui permet d'indiquer l'adresse physique de sa société et apparaitre dans Google Map.
2. La mise en ligne de profils sur des sites a forte notoriété comme Youtube, Linkedin, etc.
Et évidemment, le tout sur une requete Google concernant un business peu concurrentiel et une ville perdue du Nebraska. C'est un peu plus simple qu'une requete du type "agence immobiliere Paris"...
06 septembre 2010
Petit voyage en Malaisie
Apres quelques mois tourné vers du travail acharné, j'ai décidé fin aout de faire mon trip de l'année. La destination fut la Malaisie et une fois n'est pas coutume, j'ai voyagé seul. J'ai l'habitude chaque année de voyager avec un pote qui me rend visite, mais pour la 1ere fois en 4 ans, pas de visiteur cette année. Ma copine étant rentrée voir ses parents, j'ai retrouvé les gouts du voyage solo. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, voyager seul est très intéressant et je vois plusieurs avantages.
1. La tranquillité. On fait ce que l'on veut sans demander à une autre personne. J'ai par exemple passé ma 1ere nuit dormir à la belle étoile avec un toit en tôle pour éviter la pluie, pas sur que cela aurait plus à des potes plus délicats dans le choix du lit. De plus on s'organise comme on veut et on peut souffler plus facilement après des mois de travail. Cela permet de "méditer" et de faire un bilan sur ce qu'on a fait cette année et ce qu'on va faire l'année d'après.
2. On apprend beaucoup plus du pays visité, on est automatiquement plus ouvert aux populations locales. J'ai appris pas mal sur ce pays en discutant des heures avec un chauffeur de taxi malaisien, un serveur indien, un marchand de tableau chinois. Quand on voyage entre potes, on a tendance à rester entre nous, voir de loin la culture locale ou alors dans le pub locale.
3. Et finalement on est au final rarement seul. Je voyage toujours en mode backpacker en dormant dans les auberges de jeunesses. Pas pour une question d'argent mais pour rencontrer plus facilement des gens, souvent dans un même état d'esprit. La majorité du temps, les personnes voyagent seul et ont des histoires intéressantes à raconter.
Durant ce voyage en Malaisie, j'ai rencontré en vrac :
- Une anglaise de 19 ans qui venait de passer 6 mois aux philippines dans un centre d'aide aux démunis
- Un Allemand de 27 ans en attente de visa pour l'Autralie pour finir sa thèse
- Une irlandaise de 22 ans qui finissait son tour du monde
- Un Anglais de 30 ans en train de réfléchir sur que faire de sa vie pendant qu'il prenait une année sabbatique.
J'ai cru voir quelque part "je suis un étudiant du monde, le voyage est mon meilleur professeur". C’est une belle conclusion.
1. La tranquillité. On fait ce que l'on veut sans demander à une autre personne. J'ai par exemple passé ma 1ere nuit dormir à la belle étoile avec un toit en tôle pour éviter la pluie, pas sur que cela aurait plus à des potes plus délicats dans le choix du lit. De plus on s'organise comme on veut et on peut souffler plus facilement après des mois de travail. Cela permet de "méditer" et de faire un bilan sur ce qu'on a fait cette année et ce qu'on va faire l'année d'après.
2. On apprend beaucoup plus du pays visité, on est automatiquement plus ouvert aux populations locales. J'ai appris pas mal sur ce pays en discutant des heures avec un chauffeur de taxi malaisien, un serveur indien, un marchand de tableau chinois. Quand on voyage entre potes, on a tendance à rester entre nous, voir de loin la culture locale ou alors dans le pub locale.
3. Et finalement on est au final rarement seul. Je voyage toujours en mode backpacker en dormant dans les auberges de jeunesses. Pas pour une question d'argent mais pour rencontrer plus facilement des gens, souvent dans un même état d'esprit. La majorité du temps, les personnes voyagent seul et ont des histoires intéressantes à raconter.
Durant ce voyage en Malaisie, j'ai rencontré en vrac :
- Une anglaise de 19 ans qui venait de passer 6 mois aux philippines dans un centre d'aide aux démunis
- Un Allemand de 27 ans en attente de visa pour l'Autralie pour finir sa thèse
- Une irlandaise de 22 ans qui finissait son tour du monde
- Un Anglais de 30 ans en train de réfléchir sur que faire de sa vie pendant qu'il prenait une année sabbatique.
J'ai cru voir quelque part "je suis un étudiant du monde, le voyage est mon meilleur professeur". C’est une belle conclusion.
03 août 2010
Pourquoi et comment je suis venu en Chine?
Voila une question peu originale vu qu'on la pose souvent aux étrangers en Chine. Ce qui est plus originale c'est d'aborder cette question 4 ans et demi après ma venue dans l'Empire du milieu. Peut-être des éléments de réponses peuvent être utile a certaines personnes qui veulent aller en Chine...ou pour d'autres projets.
Il y a plusieurs raisons pour lesquels je suis venu en Chine en avril 2006. J'ai l'habitude de citer souvent ma passion de toujours pour le grand orient et le fait que dans mon métier Internet tout se passe de plus en plus en Chine. Mais je vais revenir sur deux éléments clés qui ont été déterminant dans ma venue dans ce pays, la preuve qu'un destin ne tient souvent qu'a des détails inattendus.
Le 1er élément est, un jour de janvier 2005 et après une bonne cuite avec des potes, avoir voulu aller au salon de l'étudiant consacré aux formations internationales. J'avais déjà un Bac+5 et je travaillais depuis un an et demi comme chef de projet Web donc l'idée de refaire des études pouvait être saugrenue. Mais pour autant, mon petit doigt me disait que je devais y faire un tour, sait-on jamais. Mes potes grognaient à l'idée de m'accompagner à ce salon compte tenu du fait qu'ils avaient encore 1 gramme d'alcool dans le sang et que les études pour eux étaient bien finies. Qu'a cela ne tienne, ils sont restés à la buvette pendant que je faisais un tour rapide d'une quarantaine de minutes. Cette promenade m'a conduit sur le stand de la formation Master Management International Franco Chinoise, une formation dédiée à la Chine dont le concept était de former des gens qui avait déjà des compétences et qui voulait exercer leur métier en Chine. Je me suis mis a rêver durant 2 minutes "ah quand même la Chine çà doit être sympa, surtout vu que tous les mois je vois un article dans Capital a ce sujet". J'ai pris le dépliant, parlé rapidement a un autre stand pour une formation en Nouvelle Zélande, et suit retourner voir mes potes a la buvette.
Cela aurait pu s'arrêter la si il n'y avait pas eu un 2eme élément déterminant. En juin 2005, je passe une soirée chez un pote et je dors chez lui. Le lendemain matin je reste chez lui pour utiliser son Internet et faire un travail de référencement de site, sachant que France Telecom m'avait blacklisté depuis un an. Oui, voila au passage un autre élément déterminant qui fait que je suis parti en Chine, le fait de ne pas avoir la possibilité d'avoir Internet chez moi alors que c'était mon outil de travail...
Donc je bosse et surfe un peu pour une fois que j'avais une connexion Internet et par le plus grand des hasard je tombe sur un blog d'un français en Chine, en l'occurrence il s'agissait de Céline en Chine, une des premières bloggeuses en Chine. Je lis son blog et son expérience avec attention, et je sens que je passe a travers une expérience extraordinaire. Le déclic vient la, je me dis "mais qu'est-ce que je continue a rester en France, ça ne sert a rien, il faut que je bouge, j'ai deja vécu dans 5 villes différentes (8 ans max dans chaque), il faut que je continues dans mon esprit aventureux". Arrivé chez moi, je retrouve dans mon bordel le dépliant concernant la formation en Chine et je le relis avec attention. J'appelle, on me dit que c'est mort pour envoyer un dossier pour la première session, mais que je peux tenter la session de septembre. L'objectif était ici : être pris a cette formation qui était la façon la plus efficace pour moi de d'aller en Chine. Après quelques péripéties, j'ai été recu, j'ai bougé a Nantes pendant 6 mois pour les cours et suis arrivé en avril 2006 en Chine.
La morale de l'histoire est que les grandes décisions de la vie sont souvent dues a des détails insignifiants. Si j'avais été chez moi ce fameux dimanche au lieu d'avoir fait une soirée beuverie la veille, je n'aurais pas pris la peine d'aller a ce salon de l'étudiant qui se trouvait a 500m de mon hôte. Et si je n'étais pas passé chez mon 2eme pote faire une bouffe un soir, je n'aurais peut-être jamais eu ce déclic en voyant par hasard un blog sur la chine.
Je rajoute qu'une motivation sans faille est un facteur déterminant pour réussir a faire ce que l'on souhaite. J'ai su que j'étais pris a la formation a Nantes 2 jours avant la rentrée. Je suis parti avec mon sac directement, sans préparation, et j'ai passé ma premiere nuit a Nantes a dormir a la belle étoile sur du gazon. Ensuite pendant une dizaine de jours, j'étais dans un camping. Je me rappelles encore réviser mes premiers cours de chinois dans les chiottes du camping parce que c'était le seul endroit ou il y avait de la lumiere :-) Ces conditions de vie hardcore ne me dérangeaient pas trop, l'essentiel étant pour moi de faire la formation qui me permettrait de venir en Chine et ainsi de changer de vie.
Et a ce propos je me permets de rajouter un 3eme élément. Se fixer des buts a court, moyen et long terme me semble nécessaire afin de garder un cap et une motivation. Il y a 5 ans, mon but était de venir en Chine découvrir une nouvelle culture, etre mon propre boss et vivre de mon métier. Je ne savais pas comment faire, mais j'ai appris sur le tas et le fait d'avoir toujours un cap vers lequel se diriger aide beaucoup.
En espérant que ce retour d'expérience soit utile à d'autres ;-)
Il y a plusieurs raisons pour lesquels je suis venu en Chine en avril 2006. J'ai l'habitude de citer souvent ma passion de toujours pour le grand orient et le fait que dans mon métier Internet tout se passe de plus en plus en Chine. Mais je vais revenir sur deux éléments clés qui ont été déterminant dans ma venue dans ce pays, la preuve qu'un destin ne tient souvent qu'a des détails inattendus.
Le 1er élément est, un jour de janvier 2005 et après une bonne cuite avec des potes, avoir voulu aller au salon de l'étudiant consacré aux formations internationales. J'avais déjà un Bac+5 et je travaillais depuis un an et demi comme chef de projet Web donc l'idée de refaire des études pouvait être saugrenue. Mais pour autant, mon petit doigt me disait que je devais y faire un tour, sait-on jamais. Mes potes grognaient à l'idée de m'accompagner à ce salon compte tenu du fait qu'ils avaient encore 1 gramme d'alcool dans le sang et que les études pour eux étaient bien finies. Qu'a cela ne tienne, ils sont restés à la buvette pendant que je faisais un tour rapide d'une quarantaine de minutes. Cette promenade m'a conduit sur le stand de la formation Master Management International Franco Chinoise, une formation dédiée à la Chine dont le concept était de former des gens qui avait déjà des compétences et qui voulait exercer leur métier en Chine. Je me suis mis a rêver durant 2 minutes "ah quand même la Chine çà doit être sympa, surtout vu que tous les mois je vois un article dans Capital a ce sujet". J'ai pris le dépliant, parlé rapidement a un autre stand pour une formation en Nouvelle Zélande, et suit retourner voir mes potes a la buvette.
Cela aurait pu s'arrêter la si il n'y avait pas eu un 2eme élément déterminant. En juin 2005, je passe une soirée chez un pote et je dors chez lui. Le lendemain matin je reste chez lui pour utiliser son Internet et faire un travail de référencement de site, sachant que France Telecom m'avait blacklisté depuis un an. Oui, voila au passage un autre élément déterminant qui fait que je suis parti en Chine, le fait de ne pas avoir la possibilité d'avoir Internet chez moi alors que c'était mon outil de travail...
Donc je bosse et surfe un peu pour une fois que j'avais une connexion Internet et par le plus grand des hasard je tombe sur un blog d'un français en Chine, en l'occurrence il s'agissait de Céline en Chine, une des premières bloggeuses en Chine. Je lis son blog et son expérience avec attention, et je sens que je passe a travers une expérience extraordinaire. Le déclic vient la, je me dis "mais qu'est-ce que je continue a rester en France, ça ne sert a rien, il faut que je bouge, j'ai deja vécu dans 5 villes différentes (8 ans max dans chaque), il faut que je continues dans mon esprit aventureux". Arrivé chez moi, je retrouve dans mon bordel le dépliant concernant la formation en Chine et je le relis avec attention. J'appelle, on me dit que c'est mort pour envoyer un dossier pour la première session, mais que je peux tenter la session de septembre. L'objectif était ici : être pris a cette formation qui était la façon la plus efficace pour moi de d'aller en Chine. Après quelques péripéties, j'ai été recu, j'ai bougé a Nantes pendant 6 mois pour les cours et suis arrivé en avril 2006 en Chine.
La morale de l'histoire est que les grandes décisions de la vie sont souvent dues a des détails insignifiants. Si j'avais été chez moi ce fameux dimanche au lieu d'avoir fait une soirée beuverie la veille, je n'aurais pas pris la peine d'aller a ce salon de l'étudiant qui se trouvait a 500m de mon hôte. Et si je n'étais pas passé chez mon 2eme pote faire une bouffe un soir, je n'aurais peut-être jamais eu ce déclic en voyant par hasard un blog sur la chine.
Je rajoute qu'une motivation sans faille est un facteur déterminant pour réussir a faire ce que l'on souhaite. J'ai su que j'étais pris a la formation a Nantes 2 jours avant la rentrée. Je suis parti avec mon sac directement, sans préparation, et j'ai passé ma premiere nuit a Nantes a dormir a la belle étoile sur du gazon. Ensuite pendant une dizaine de jours, j'étais dans un camping. Je me rappelles encore réviser mes premiers cours de chinois dans les chiottes du camping parce que c'était le seul endroit ou il y avait de la lumiere :-) Ces conditions de vie hardcore ne me dérangeaient pas trop, l'essentiel étant pour moi de faire la formation qui me permettrait de venir en Chine et ainsi de changer de vie.
Et a ce propos je me permets de rajouter un 3eme élément. Se fixer des buts a court, moyen et long terme me semble nécessaire afin de garder un cap et une motivation. Il y a 5 ans, mon but était de venir en Chine découvrir une nouvelle culture, etre mon propre boss et vivre de mon métier. Je ne savais pas comment faire, mais j'ai appris sur le tas et le fait d'avoir toujours un cap vers lequel se diriger aide beaucoup.
En espérant que ce retour d'expérience soit utile à d'autres ;-)
Inscription à :
Articles (Atom)