30 juin 2011

Considérations sur le BAC et les études en France

Je m'amusais à lire récemment les déboires du BAC avec le fameux scandale du BAC S de Maths où a été mis en ligne sur un site de jeux vidéos l'énoncé du 1er exercice la veille du BAC. Le ministre ayant décidé de ne pas compter l'exercice 1 dans la note finale, sur les forums une polémique a éclaté avec certains élèves dégoutés qui comptaient sur cet exercice simple pour avoir une note honorable, ou au moins sauver les meubles.

Cela me rappelle ma jeunesse où les maths étaient pas vraiment ma tasse de thé. Je me rappelle qu'en Terminale on avait un prof qui avait de bonnes notes au bac de maths (enfin ses élèves) car il jouait beaucoup sur les pronostics. Sachant que chaque année le sujet concernent 95% du temps l'analyse d'une fonction, il nous faisait bucher à fond la dessus. Pas de bol, cette année là c'était des probas et pas d'étude de fonction. Du coup tout le monde s'est planté...sauf moi. Alors que je ramais à mort (péniblement 9/10 de moyenne sur l'année) j'avais eu 14, soit la meilleure note de ma promo. Vu que je n’étais pas top en maths en général, exo de proba ou une fonction ne changeait pas grand chose pour moi. Mais vu que tout le monde s'est planté, j'ai visiblement bénéficié d'une amélioration de ma note. Avec un coeff 7, j'ai rattrapé les carnages ailleurs et pu avoir le bac avec 10.08 (autant dire à deux doigts).


J'ai par la suite commencé mes études supérieures... par un DUT en statistiques. Par pour les maths que je détestais mais pour l'info qui était au programme ;-)


J'ai pu ainsi m'apercevoir de toute la stupidité de notre système éducatif se basant sur les maths. J'ai pu voir à de nombreuses reprises que le raisonnement ne comptait pas si le résultat était faux. Je trouvais cela complètement débile, parce que au final celui qui rend feuille blanche a 0, et celui qui passe 2 heures à tenter quelque chose qui tient à peu près la route mais qui a les résultats faux a également 0.

Donc au final l'étudiant qui ne va pas en cours obtient la même note que celui qui a un peu bossé et comprend quelques aspects du cours, totalement débile. Et quand vous avez un gros coefficient, avoir 6/20 ou 2/20 change beaucoup de choses... Cela aboutissait donc souvent à un nivellement par le bas, puisqu'au final il était pas très utile de se casser la tête pour avoir la même note que celui qui ne bossait pas. Aucune différence entre celui qui est un cas désespéré et celui qui a compris mais fait des erreurs. Du coup il y avait souvent des 5/20 de moyenne pour 40 élèves dans ma promo...

Par ailleurs on entend souvent que le niveau du bac s'affaiblit, ce qui personnellement me parait pas plus mal. Le problème du bac c'est qu'on a des matières IMPOSEES qui n'ont souvent rien à voir avec notre métier futur.

J'ai galéré au lycée, on m'a même fortement conseillé de redoubler en première, j'ai eu mon bac au ras des pâquerettes. Cela ne m'a pas empêché d'obtenir deux bac+5 par la suite relativement facilement. Je peux même dire que j'ai plutôt bien réussi mon parcours en études supérieures par rapport à ceux qui étaient les premiers au lycée. Je ne compte plus les "copains d'avant" qui se sont arrêtés après un an de fac ou au maximum une licence. Comme quoi avoir un système de BAC qui se base exclusivement sur des matières générales ne donne absolument pas de certitudes d’une vie universitaire et professionnelle réussie. A contrario rater son BAC ou ne pas être dans les bons au lycée n’est pas une fatalité.

Le choix du type de bac général est plutôt limité : 3 ou 4. Donc quand on aime pas les matières, il faut faire avec et limiter la casse. Par contre en études supérieures, des formations il y en a des centaines, entre les DUT, BTS, différentes écoles, différentes sections à la fac il y a le choix. Et quand on choisit réellement sa voie, bizarrement on réussi beaucoup mieux.

Je connais plusieurs personnes qui n'avaient pas eu le bac et ont abandonné l'école quelques années pour bosser car les matières du lycée c'était pas leur truc. Quelques années après ils sont revenus dans le système scolaire en finissant à Bac+5 et ont un excellent boulot (certains ont fait une validation d'acquis professionnel pour compenser le bac). J'ai même un pote qui est arrivé à Bac+6 sans avoir eu le BAC ;-)

31 mai 2011

Elysees offshore - pour emmerder votre monde

Il y a quelques temps j'ai recu une proposition de collaboration avec une société proposant de mettre en place des sociétés offshore. Il avait un concept "génial" à me proposer :
"un service de création de société offshore spéciale e-commerce, ce service permet l'intégration d'une solution de paiement en ligne et « Vente à distance » offshore pour les boutiques en ligne."

L'idée était qu'il oriente des clients vers moi quand ils ont besoin de sites E-commerce. En échange j'oriente des clients vers eux s'ils ont besoin de faire une société offshore.

L'idée pouvant etre intéressante pour certains clients (pas ceux qui résident en France), je demande plus d'information, en particulier sur le cout d'un tel montage et le pourcentage de commissions sur les paiements par CB.

Il me dit que le cout de montage d'une telle structure est de 3000 euros et que les commissions sont comparables à une banque nationale. Il dira plus tard entre 4 et 6%...

Alors déjà un montage de cet ordre à 3000 euros, c'est un prix quelque peu abusif. Mon mémoire de fin d'études portait en partie sur la création de société à Hong Kong, en particulier la mienne comme cas pratique... C'était il y a 5 ans et j'ai depuis crée une autre société en Chine, alors les sociétés offshore, je connais.
Par ailleurs, un taux de commission entre 4 et 6% sur les CB pour un site E-commerce, c'est du délire. Quand on débute dans le E-commerce, par défaut on utilise Paypal (simple à mettre en place et sans démarches compliquées) avec un taux à un peu plus de 4%. Si on est sérieux dès le départ, on peut négocier un contrat de VAD avec sa banque et obtenir 1% de commission. Alors les taux de commissions comparables à une banque nationale, on repassera...

Je signale donc à M. Banqueroux (ou plutôt Abdelkrim Boukerrou d’après le whois) que le taux n'est pas vraiment intéressant et qu'il vaudrait mieux trouver de meilleurs partenaires financiers pour les commissions.

Suite à quoi il me fait une démonstration sans queue ni tete en comparant le bénéfice élevé d'une société offshore et d'une société en France. Au lieu de comparer son système avec d'autres équivalents offshore. Au final, il me dit que je devrais me concentrer sur la création de sites Internet, sous entendu que je n'y connais rien.
Je lui rétorque que je connais très bien mon métier, mais également pas mal le sien en lui donnant quelques détails.

Il conlut sur ces mots:

"Je suis très content pour vous.

Maintenant mettez vous au travail au lieu de glander et emmerder votre monde."

Et bien je suis votre conseil et me permet de travailler pour vous gratuitement. Cher lecteur si tu n'as pas été dérangé par le vocabulaire du directeur M. Banqueroux et que tu veux profiter du super plan de la société Elysées Offshore pour la création d'une structure offshore avec ton site E-commerce, voici l'adresse :

Elysées Offshore

63 Avenue des Champs Elysées

75008 Paris

Tél: 01.53.93.54.84 Fax: 01.76.50.27.47

www.elyseesoffshore.com

Cher lecteur, tu penseras quand meme à réaliser ta propre due diligence, cela t'économisera environ la moitié de ton argent. Indice, tappes sur Google "Singapore, Hong Kong, Marshall, Belize, Delaware...LC". Le conseil est valable si tu n'es pas résident francais. Si tu es en France, demandes aux impots ou a un comptable ce que tu risques en créant une société offhore, cela devrait te permettre d'y réfléchir à deux fois.

La prochaine fois monsieur Banqueroux, pensez-y à deux fois avant d'insulter une personne qui vous donne des conseils ;-)

Il m'arrive souvent de rencontrer des gens de cette espece, c'est la joie d'etre entrepreneur et de faire des contacts. Je crois que je vais m'amuser a raconter d'autres aventures de ce type dans les prochains articles.

27 avril 2011

Diner chez Maxim's Beijing

Pour le 100eme article de ce blog, j'ai décidé d'aller feter cela chez Maxim's. Non je plaisante, ce n'est pas le 100eme post que j'ai fêté (malgré que ce soit vrai) mais mes 5 ans en Chine plus mes 4 ans avec ma copine. Tant qu'a marquer le coup, autant aller faire une bouffe chez Maxim's, on va pas se gêner. On pourra pas dire que je suis pas romantique :p Faut dire que mon dernier acte de romantisme datait de 2008 quand j'ai invité pour la St Valentin ma copine au Burj Arab de Dubai.

Il y a chez Maxim's un menu a 888RMB pour deux, sans boisson. Le 888 étant un chiffre magique en Chine concernant l'argent. En l'occurence magique pour le restaurant huhu.

Alors on a eu droit a quoi?
-Une entrée salade froie gras saumon. Ca fait tres noel mais cela reste bon.
- Un potage au champignon. OK mais pour un menu a 888 RMB pas le truc incroyable non plus.
- Une pause avec un sorbet neutre dont j'ai oublié de prendre une photo
- Le plat de résistance : agneaux, boeuf, petits légumes. Pas mal mais pas non plus le meilleur truc que j'ai mangé dans ma vie.
- Le dessert : une part de tiramisu, une part de cheese cake, une boule fraise. Moué, c'est sur c'est pas fait maison ou alors je plains vraiment le chef.


Conclusion? Bah pour 888RMB, je trouve pas cela exceptionnel. Mais au moins comme on dit, Maxim's a beijing, ca c'est fait.

Le point intéressant au niveau personnel est qu'aller chez Maxim's était un peu comme une étape de ma vie. Pour quelqu'un comme moi qui a passé quelques temps chez les bonnes soeurs quand j'étais enfant parce que ma mere n'avait plus aucune thunes a un moment de sa vie, manger chez Maxim's était un peu comme un reve qui ne se réaliserait jamais.

14 mars 2011

Le monde appartient à ceux qui se lèvent tard

Depuis que je suis enfant, une chose avec laquelle j'ai toujours eu du mal est de me réveiller tôt. Pendant toute ma scolarité, je n'ai jamais été quelqu'un qui séchait les cours volontairement. Par contre j'ai souvent raté les premières heures du matin à cause d'une panne de réveil.
Depuis toujours, ma hantise n'est pas de devoir beaucoup travailler, mais de devoir me lever tot. Une fois que je suis réveillé, peu importe le nombre d'heures à faire, je les ferai.

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, ce n'est pas forcement le matin que tout le monde est le plus performant. Personnellement , je suis plus performant le soir ou la nuit que le matin. Je travaille 12-14h par jour mais paradoxalement mes meilleurs idées arrivent en fin de journée plutôt qu'au début. Il faut croire que mon cerveau, au lieu d'être fatigué en fin de journée est au contraire en pleine effervescence.
Mais il est vrai que cela dépend du type de travaux à effectuer. La majeure partie de mon temps consiste à trouver et mettre en place des idées pour développer mon business, améliorer mes offres, trouver des clients, manager les projets, etc. Pour les taches bien précises demandant de la rigueur, je préfère le matin. Certaines études prouvent que les créatifs (designers, architecte, écrivain,...) sont plus performants le soir que le matin.

Lorsque j'étais encore salarie ou stagiaire en France, j'ai toujours réussi à négocier mes horaires de travail. J'arrivais souvent entre 11 et 12h, ce qui pouvait choquer les personnes travaillant avec moi. Par contre j'étais toujours le dernier à partir à 20-21h, en fait je me faisais souvent virer par le veilleur de nuit ou le patron lui-même qui fermait la boutique. Du coup je faisais plus que les 35h légal de travail hebdomadaire, gratuitement, mais cela ne me dérangeait absolument pas. Ma liberté dans le travail et les horaires valaient plus que les heures que je faisais en plus gracieusement.

Aujourd'hui dans ma vie d'entrepreneur, je travaille beaucoup, mais une de mes plus grandes satisfaction est de pouvoir me lever à l'heure que je veux. Et le plus intéressant est qu'en travaillant avec l'Europe et le décalage horaire, je donne l'impression d'être toujours disponible de bonne heure.

Mes profs me disaient souvent "Tu verras que tes nombreux retards et pannes de réveil te pénaliseront dans ta vie professionnelle". Je vous ai bien eu chers profs, vous aviez pas prévu que j'allais sortir deux joker pour pallier mes défauts : l'entreprenariat et l'international ;-)

13 février 2011

Une entreprise web en Chine, une bonne idée?

Je discutais avec un ami sur l'entreprenariat Internet dans le monde récemment et il m'a fait la remarque que la France était un pays bien spécifique dans ce domaine. En effet, quand quelqu'un trouve une bonne idée de business online en France, il sera suivi par seulement 2 ou 3 autres qui flaireront le bon filon. Aux Etats-Unis, une bonne idée sera reprise par au moins 10 sociétés.

Je pense que cela est d'une part du au fait que la France ne compte que 70 millions d'habitants alors que les Etats-Unis plus de 270 millions. D'autre part les américains ont de part leur culture une propension bien plus forte à l'entreprenariat.

Notre discussion a viré ensuite sur la faisabilité de la création d'un service web en Chine (un réseau social par exemple). Beaucoup d'occidentaux et de français ont de merveilleuses idées pour réussir à tirer parti du marché chinois. Mais selon moi cela peut très difficilement marcher.

Déjà faisons un constat des entreprises Internet qui ont voulu tirer profit du marché chinois. Google s'y est cassé les dents et a fait grand bruit. Mais il y a aussi Meetic, Viadeo, Myspace et ne parlons même pas de Facebook qui est de toute façon censuré.

Ainsi, selon moi, même si vous avez une idée de business internet géniale pour réussir sur le marché chinois, elle sera voué à l'échec. D'une part la Chine a une culture et des coutumes si différentes du monde occidental qu'il faut être chinois pour comprendre ce marché à fond et fournir le service adéquat. Et ce n'est pas parce que vous êtes d'origine chinoise, ou que votre femme est chinoise ou parce que vous êtes en Chine depuis 5 ans que vous pouvez rivaliser. Mettons le problème à l'envers. Un chinois vivant depuis 5 ans en France et marié avec une femme française peut-il vraiment révolutionner le web français? Dans les deux cas même si la femme peut être un précieux atout, elle n'est pas la tête entrepreneur qui vit pour le projet.

Ainsi si vous avez une bonne idée et que vous commencez à percer, vous avez de grandes chances que des entrepreneurs chinois analysent votre business model et feront quelque chose de mieux que vous tout en évitant vos erreurs (de culture notamment).

Par ailleurs ont parlait plus haut du nombre d'habitants aux USA de 270 millions, expliquant le plus haut pourcentage d'entrepreneurs susceptible de reprendre une idée. En Chine il y a plus de 400 millions...d'internautes. Je vous laisse imaginer la part d'entrepreneurs web potentiels dans ce chiffre.

Enfin, le peuple chinois a une âme d'entrepreneur. Beaucoup sont prêt à prendre des risques pour monter leur entreprise, que ce soit un restaurant, un magasin de DVD ou un business en ligne. Les chinois savent prendre avantage de toute opportunité, il n'y a qu'a voir ce qui s'est passé lorsqu'il y a eu des bouchons pendant 2 semaines lors de violentes chutes de neige. Ils avaient déjà mis des étalages pour vendre nourriture et boissons! Donc une idée de business online qui commence à marcher, ca attire forcément ces esprits entrepreneurs.

Les chinois sont prêt à aller beaucoup plus loin que les occidentaux pour faire en sorte que leurs entreprises marchent. Un occidental sera prêt à beaucoup bosser pour son projet, mais se réservera souvent les WE et les soirs pour décompresser et sortir. De plus, si un entrepreneur occidental rate complètement son projet, ce n'est pas bien grave, cela sera vécu comme une bonne expérience et ni sa famille, ni ses amis ne le jugeront. Il pourra également facilement retomber sur ses pattes en trouvant un job de salarié classique.

Le chinois par contre a moins le droit à l'erreur sinon il perdra "la face" devant sa famille et ses amis. Dans un pays ou les jeunes diplômés trouvent encore plus difficilement un bon travail qu'en France, il ne vaut également mieux pas rater son entreprise pour ne pas se retrouver sur le carreau. Ainsi, contrairement aux occidentaux, la pression est beaucoup plus forte et le chinois n'hésitera pas à travailler comme un fou pendant 2 ans sans prendre de soirée ou de WE pour faire en sorte que sa boite marche.

La différence de niveau de vie et le revenu correspondant est aussi un élément essentiel à prendre en compte si vous voulez créer une société sur le web. Si vous êtes occidental et que vous venez créer votre société en Chine, quel revenu voulez vous tirer en fonction des heures que vous passez? Est-ce que 2500 euros par mois pour travailler 100 heures par semaine (soit 14h/jour WE inclus) vous convient? Et si oui, combien d'années tenez-vous alors qu'au final vous pouvez avoir un bon job en France a 35h/semaine pour plus que 2500 euros. Et arriver à dégager 2500 euros/mois de revenu avec un service internet compte tenu de tous les frais, il faut déjà y arriver. Par contre, pour beaucoup de chinois 25.000 RMB est une somme suffisante en échange de 100h/semaine. Vous aurez donc une concurrence sur les prix puisque le salaire symbolique d'un entrepreneur chinois pour être satisfait est moindre que celui d'un occidental.
Un exemple tout simple. Prenons le cas de deux entreprises concurrentes dans la rencontre en ligne, une tenu par un occidental, une par un chinois. Admettons que l'occidental connaisse aussi bien le marché que le chinois et qu'ils travaillent tous les deux autant d'heures. L'occidental veut un revenu de 5000 euros/mois et pour cela il calcule que les inscriptions sur son site sont à 20 euros/an. Le chinois veut un revenu de 2500 euros/mois et calcule donc que les inscriptions sur son site sont à 15 euros/an. Le chinois a des aspirations financières moindres donc le business model peut reposer sur des tarifs attractifs. L'occidental ne peut donc pas lutter par les prix. De plus la taxation sur les entreprises étrangères est plus importante que celle sur les entreprises chinoises, ce qui réduit encore plus la marge, mais c'est un autre sujet.

Pour résumer, je dirais donc que créer un service web en Chine rentable pour un étranger est presque impossible. Si le concept marche, des centaines d'entrepreneurs chinois qui n'ont rien à perdre et qui n'attendent que cela récupéreront à leurs compte l'idée et l'amélioreront. De plus, pour un problème de culture, un chinois saura toujours mieux qu'un étranger quels sont les services qui peuvent marcher en Chine et comment rapidement évoluer en cas de problème.

20 janvier 2011

L'allégorie de la grenouille

Cette année je suis rentré un peu en Europe, la première fois en 2 ans. J'ai encore fait un beau périple entre Nice, Grenoble, Paris, l'Allemagne avec Dusseldorf et Stuttgart, et enfin un tour en Ecosse sur les rives du Loch Ness en road trip avec des potes. J'ai revu la famille, les amis et je me suis bien amusé, mon foie m'en veut encore. Pourtant durant ce passage de deux semaines en France, une chose m'a marqué. Alors que je n'avais pas vu le pays depuis 2 ans, j'ai remarqué que les choses ont empirées, pourtant les gens semblent s'habituer. Par exemple le dernier jour juste avant de prendre mon avion du retour, je lisais un article dans "20 minutes" (le quotidien gratos du métro) intitulé "Se marier pour les impôts, c'est fini". L'article explique que dorénavant on n'a plus droit aux avantages fiscaux la première année lors d'un mariage. L'article sur la page d'en face explique que depuis le 1er janvier, ceux qui emploient une nounou à domicile, une aide au soutien scolaire ou une femme de ménage devront payer 12% de plus.
Vous me direz c'est la crise et ce genre de mesures arrivent tous les jours. C'est bien la ou je veux en venir.

Connaissez vous l'allégorie de la grenouille?
Mettez une grenouille dans une casserole d'eau chaude, automatiquement elle sent le danger et saute par dessus. Maintenant prenez la même grenouille et mettez la dans une casserole d'eau froide, elle ne bouge pas. Monter le thermostat à température douce, la grenouille ne bouge pas. Montez la température à la moitié, ça chauffe de plus en plus, mais la grenouille ne bouge toujours pas. Enfin mettez le thermostat à fond. La grenouille ne s'aperçoit toujours pas du danger et finit morte ébouillantée...

Je vous laisse le soin de faire le parallèle de cette analogie avec l'augmentation des taxes et la réductions des libertés. Il arrivera un moment ou il sera vitale de prendre conscience de ce qui se passe et de sauter par dessus la casserole avant qu'il ne soit trop tard...

15 décembre 2010

La vie est un hasard

Il y a quelques mois j'ai expliqué par quel hasard je me suis retrouvé en Chine, mon but étant de montrer que notre vie (en tout cas la mienne) ne tient souvent qu'à des détails.

Dans la même série je vais aujourd'hui expliquer comment j'ai commencé à avoir l'esprit entrepreneur ou plutôt une "culture d'entreprise" ce qui est un premier pas vers l'entreprenariat.

J'ai commence mes études en 1998 par des études techniques, un DUT STID (statistiques et Informatique). Ce choix s'est fait parce que j'étais un "Geek" à cette époque, bien avant la démocratisation de ce terme. Au passage aujourd'hui un Geek cela semble être quelqu'un féru de technologie possédant chaque version de l'Ipod et de l'iphone, ce qui englobe des millions de personnes dans le monde. Il y a 12 ans, un Geek c'était plutôt celui qui s'amusait à démonter et remonter des pcs, découvrait le web à l'époque de la préhistoire. Ce groupe ne représentait pas des millions de personnes, ca avait son coté avant gardiste et cela me plaisait.

Quand on fait des études techniques et en particulier dans l'informatique (selon mon expérience), on a une très vague idée de ce qu'est le commerce et la partie commerciale d'une entreprise. On se dit que les commerciaux n'y connaissent pas grand chose et passent leur temps à vendre du vent. On a tendance à penser que les formations commerciales servent à former des vendeurs de porte à porte. On pense également qu'il s'agit d'un milieu truffé de requins avec très peu d'éthique.

Comme beaucoup de gens de mon entourage je pensais la même chose et l'éventualité d'une carrière ou une formation dans ce domaine ne m'intéressait pas du tout. Comme tout bon "Geek", un petit boulot de programmeur devant mon PC toute la journée m'aurait bien suffit. Je n'étais pas intéressé par l'argent, du temps que le travail me plaisait, c'était le principal.

Après mon DUT je voulais absolument persévérer dans le domaine technique, en particulier Internet. J'ai donc postulé à plusieurs licences professionnel dans ce domaine. Lorsque j'ai demandé des dossiers de candidature, je ne sais plus pourquoi, j'ai demandé également un dossier pour faire un DUT ... Technique de commercialisation, le DUT exactement à l'opposé de ce que je voulais.
Ah si je me rappelle la raison. En surfant sur des sites d'orientation étudiant type studyrama, j'étais une fois tombé sur une lettre de motivation type pour un DUT Tech de Co. Comme j'ai l'esprit joueur, je trouvais cela rigolo d'envoyer une candidature à un DUT dont je n'avais strictement rien à faire en recopiant mot pour mot une lettre de motivation type. Je me rappelle que la lettre indiquait "Etant titulaire du BAFA, je suis...", bien évidemment je ne l'ai pas mais pour le fun j'avais tout recopié à l'identique ;-) (j'espère qu'il y a prescription!)

Bref, au final toutes les licences ont refusé ma candidature, sauf une avec qui j'étais en liste d'attente. Par contre...le DUT Tech de Co avait accepté ma candidature directement, efficace cette lettre de motivation!

J'ai tenté de faire le forcing pour être pris à la licence ou j'étais en liste d'attente. J'avais de bonnes chances d'être accepté mais ils ne pouvaient pas me donner de réponse sure avant la rentrée, qui était quelques jours après celle de Tech de Co. Ne voulant pas me retrouver sans rien, j'ai commencé le DUT tech de Co, dont les premiers cours ne m'ont pas emballé plus que cela, ce qui a renforcé mon opinion d'aller en Licence. Et la est arrivé ce fameux mardi après-midi qui a tout changé pour moi.
Un ancien élève vient faire un tour à l'IUT (récupérer son diplôme je suppose) et passe devant nos fenêtres. Le prof qui nous faisait cours l'interpelle et lui demande de venir. Il lui dit "Voila la nouvelle promotion, moi je sors et je te laisse leur dire tout ce que tu veux concernant Tech de Co."
Le prof sort et l'ancien élève nous donne son avis sans chichis sur Tech de Co. En résumé, les profs sont sympa, pas besoin de beaucoup travailler pour avoir son année et surtout des supers soirées et une super ambiance.

Le fait que le prof laisse carte blanche pour qu'un ancien élève donne son avis sans vérifier les propos m'avait impressionné. Cela démontre une certaine confiance dans son DUT, ce qui est rare. De plus l'ancien étudiant était particulièrement éloquent et persuasif devant 40 élèves, je me suis demandé si il avait acquis cette aisance avec cette formation.
Enfin, le point important de son discours non préparé a été de dire "je vous garantis que cette année que vous allez passez, vous ne l'oublierez jamais. Tous mes collègues de l'an dernier pensent la même chose". Cet espèce d'engagement moral m'a fait basculé complètement dans ma décision de rester faire ce DUT. Si je n'étais pas resté, je me serais toujours posé la question de savoir si j'étais passe à coté de quelque chose d'exceptionnel ou non.

Et alors la question que tout le monde se pose : est-ce que Tech de Co était aussi formidale que l'étudiant le disait.

La réponse est ... non. L'année n'a rien eu d'exceptionnel me concernant. J'ai fait 7 ans d'études et cette année est celle ou j'ai le moins de souvenir, donc rien de bien inoubliable. Par contre pour les profs le contrat était respecté, ils étaient très pros et très sympa (sur la centaine de profs que j'ai eu en 7 ans, les deux qualités ensemble étaient pas vraiment une norme).

Pour revenir au sujet de départ, ce que j'ai appris en Tech de Co m'a fait changer complètement mon opinion sur l'entreprise et les fonctions commerciales. Suite à ce DUT j'ai ensuite fait une licence professionnelle E-business qui était exactement le juste milieu entre ma passion Internet et mes nouvelles orientations commerciales. Ce fut une étape nécessaire dans mon parcours qui m'a amené à être entrepreneur en Chine.

Le point intéressant de ce billet est de montrer que ma position personnelle et professionnelle aujourd'hui est en partie due à des hasards. Si un ancien étudiant n'avait pas fait un speech qui m'avait impressionné, j'aurais certainement fait la Licence professionnelle Développeur Internet correspondant à mon premier souhait : coder toutes la journée des applications web.

Et si je n'avais pas trouvé par hasard sur le web une lettre de motivation pour faire Tech de Co, je n'aurais certainement jamais pensé à prendre un dossier de candidature pour le fun pour Tech de Co.